Les Maoris

Pour la plupart des occidentaux, la culture Maori se résume au folklore, aux tatouages et au Haka. Notre périple nous a montré que la réalité était bien plus complexe... Le but n'est pas de refaire un article d'anthropologie mais plutôt de partager ce que nous avons appris / ressenti.

Les débuts

Arrivés depuis la Polynésie au VIII siècle, les maoris se sont installés en vagues successives, essentiellement sur la côte Est, la plus accueillante. Venus avec leur écosystème, ils façonnent les 2 îles en fonction de leur besoins non sans conséquences: certaines espèces disparaissent. Leur organisation clanique et leur transmission orale des traditions permets aux différents tribus de garder une certaine autonomie tout en gardant une identité commune.

L'arrivée des occidentaux

En 1642, Abel Tasaman, missionné par la compagnie des Indes, commence l'exploration de ces terres jusque là inconnues des occidentaux. La férocité des autochtones tant vis à vis des explorateurs que de leur semblables (cannabisme, réduction en esclavage) refroidi quelque peu les ardeurs des explorateurs mais la volonté de commercer est la plus forte: certains chefs incitent activement à la venue des européens, pour bénéficier de savoirs et d'armes européennes puis les instrumentaliser à leurs propres fins. En 1830, environ 2000 Européens sont installés. L'absence de lois pour réglementer la vie des nouveaux colons pousse la couronne britannique à intervenir pour mettre de l’ordre dans la région.

Cohabitation

Bien sur la cohabitation n'a jamais été idyllique: de nombreuses incompréhensions culturelles et des conflits générés par l'appropriation des terres sont encore présent dans la société néo zélandaise aujourd'hui.

La formalisation des relations entre les Maoris et colons a été enclenché par William Hobson avec la rédaction d'un traité entre la couronne d’Angleterre (reine Victoria) et les chefs du Nord (Tamati Waka Nene, Hone Heke) . Le traité de Waitangi a été ratifié très (trop) rapidement vers 1840. Les Maoris deviennent alors des sujets de sa Majesté en échange de la conservation de leur terre et du maintient de l'autonomie des tribus. La traduction du traité ainsi que son application est toujours sujette à discussion encore à l'heure actuelle. L'augmentation exponentielle du nombre de colons (perte de terre + maladies) a fait baisser la population d'autochtone mais celle ci a réussi à s’adapter par le métissage et par la transmission de l'identité culturelle.

Intégration

Toutefois, malgré ces réelles difficultés cette cohabitation laisse vite la place à un mélange des cultures: les maoris se sont mis à intégrer le fameux chapeau melon anglais dans la décoration de leurs maisons par exemple. Ce mélange des cultures vient des 2 côtés, voici quelques exemples qui nous ont marqué:

-Intégration par les Anglais: via la mise en place du traité et l'implication de certains colons dans des guerres inter tribales. Ces "Pakeha Maoris" sont entré dans la tradition orale des Maoris.

-Intégration par les Maoris: Les guerriers Maoris ont explicitement demandé participer à la première guerre mondiale, malgré que la "grande guerre" soit une guerre entre blancs. Ils ont été intégré dans le corps ANZAC (corps expéditionnaire Australien et Néo Zélandais) et ont notamment participé à la bataille de Gallipoli.

... et maintenant ??

1°) Identification et le sentiment d'appartenance

Nous avons eu la chance de pouvoir visiter une exposition temporaire sur l'implication de l'ANZAC dans la première mondiale. Pour les Français que nous sommes, nous n'avons pas fait de découvertes mais la muséographie était en elle même instructive: plutôt que de se focaliser sur les origines, les parties prenantes et les enjeux du conflit, le récit était très terre à terre (reconstitution via le courrier des soldats et modèles grandeur nature) et centré sur les manœuvres tactiques et autres exploits individuels des Maoris. Cette sorte d'Ode à la combativité et à la guerre était un peu gênante pour nous surtout lorsque nous avons vu de nombreux scolaires déambuler dans les lieux.

Nous avons visité le musée de Wellington peu après l'ANZAC day (l'équivalent de notre 11 Novembre) et vu l'affluence, cela montre que même aujourd'hui, les Néo Zélandais au sens large ont une vraie volonté de faire vivre la culture Maorie.

 

2°) Métissage & transmission culturelle:

Lors notre épate à Christchurch, nous avons également pu discuter avec des locaux. Jenna, une personne aussi blanche que Mr Gloubi, nous a dit à notre grande surprise qu'elle était Maorie: En effet, même étant issue de plusieurs métissages, elle était bien intégrée dans sa tribu d'origine (après avoir passé plusieurs rites). Cette forte appartenance communautaire permet de créer un vaste réseau d'entre aide. Elle existe car la tradition orale Maori est restée bien vivace et de nombreuses personnes n'étant pas 100% Maories (jeunes & moins jeunes) s'y intéressent et veulent effectuer une sorte de retour aux sources. Jena tient d'ailleurs à transmettre elle même son héritage culturelle à ses 2 enfants.

 

3°) Retombées économiques & médiatiques:

Grâce à cette forte culture/solidarité et malgré le fait que les Maoris ne possèdent presque plus leurs terres, ils ont réussi à se développer économiquement et médiatiquement et ce au delà du simple folklore traditionnel. Groupements d'entreprises, Tourisme, Industrie musicale, Médias, ... les Maoris sont entrain de prendre leur "revanche".

 

/!\ Tout ne se pas bien dans le meilleur des mondes et il y a encore du travail: La relation entre les Kiwis n'est pas toujours simple et un certain racisme persiste encore notamment dans la façon d'assimiler les Maoris à certains problèmes sociétaux: la violence conjugale, addictions, ... Nous avons vu des panneaux alertant sur les dangers des drogues et sur la violence conjugale uniquement dans l'île du Nord et plus spécifiquement autour de Rotorua où se trouve une concentration importance de population Maori autochtone.

Parallèles avec les aborigènes

La différence avec le sort des aborigènes Australiens saute aux yeux: pourquoi les Maoris ont réussi à préserver leur culture alors que leur cousins se sont fait massacrer?  La seul critère majeur est que les aborigènes n'ont pas été découvert de suite par les explorateurs puis ils se sont montrés amicaux une fois le contact établi...

Conclusion (qui n'engage que nous) : Ne pas être trop amical au premier abord peut finir par être salvateur au final! :)